Paysage et environnement ont toujours fait partie du quotidien de Laurent Miguet aussi bien en tant que journaliste que comme membre du Collectif Paysage après le pétrole.
Laurent a eu sa vocation de journaliste durant ses années Sciences Po qu’il a complétées par le CFJ. Originaire d’Alsace, région qui a pris très tôt conscience de sa vulnérabilité (cf. patrimoine naturel riche, forte concentration démographique, extension urbaine…), il a déjà l’environnement comme fil conducteur : il adhère aux Jeunes amis des animaux et de la nature et, en 1974, assiste au meeting de campagne de René Dumont. Pour lui, transmettre l’actu environnementale a toujours été la chose la plus importante.
Après des expériences dans la PQR, il rejoint une agence de presse de Strasbourg et en crée le bureau lorrain, avec une forte spécialisation en urbanisme. En 1999, Le Moniteur des travaux publics et du bâtiment le recrute pour ouvrir son bureau Grand Est où il réalise trois pages par semaine sur des sujets comme l’aménagement du territoire, la HQE dans le bâtiment et l’artificialisation des sols. En 2014, le Moniteur lui confie la rédaction en chef du mensuel Paysage Actualités destiné aux « entrepreneurs mains dans la terre », aux « paysagistes-concepteurs tête dans les nuages » et aux services des espaces verts des collectivités locales.

Devenu « journaliste du paysage à plein temps », il est très concerné par les réflexions en vue de la création du Collectif Paysages de l’après-pétrole (PAP). Il suit l’association d’abord en tant que journaliste et se rend compte qu’elle permet de « prendre de la hauteur et de trouver davantage de sens et de réflexion philosophique sur la manière dont cette compétence professionnelle peut être un vecteur de transformation du monde ». Inspiré par la Convention Paysage (2000) qui présente le paysage à la fois comme une réalité géographique (morceaux de territoires) et une réalité humaine (ressentie par les populations), Laurent voit le collectif PAP comme le héraut de ce traité international revisité par l’écologie. Tout cela l’amène à se demander où va le monde et comment le paysage peut contribuer à sa transformation.
« L’AJE me sert beaucoup »
Laurent découvre l’AJE lorsqu’il est rédac’chef de Paysage Actualités. Au départ, il participe à des conférences mais il prend la mesure du service que rend l’association en matière de transmission de l’actu environnementale. C’est par exemple via une rencontre organisée avec la Fédération nationale des parcs régionaux qu’il prend conscience de l’importance de l’articulation des échelles. Depuis, alors que Paysage Actualités faisait surtout des portraits de villes, il présente des portraits de territoires à de multiples échelles, dont les PNR.
En 2020, après la fermeture brutale du mensuel, Laurent est nommé chef de service Transition écologique et collectivités locales au sein de la rédaction du Moniteur (intégré au groupe Infopro Digital depuis 2014) et prend la responsabilité d’une lettre consacrée à l’eau. Ceci lui permet de continuer à regarder le monde de la construction et de l’aménagement à travers le prisme de l’environnement et de souligner le lien entre paysage et eau.
Désormais retraité, Laurent contribue au blog Vertement dit qu’il a créé avec trois ex-confrères du Moniteur. Il continue ainsi à faire son métier, utilise tous ses réseaux et crée de nouveaux contacts. L’AJE – tout comme le Collectif PAP – contribue à le nourrir. Cela a été le cas, par exemple, pour son article « Prévention des zoonoses : la science et la diplomatie marquent des points », à la suite de l’atelier One Health organisé fin mars. Qui a dit que les journalistes environnement à la retraite n’arrivaient pas à s’arrêter ?
Hélène Bouillon-Duparc
En savoir plus sur le Collectif PAP : https://www.paysages-apres-petrole.org/