La France a accueilli début avril le One Health Summit à Lyon. S’il en a laissé beaucoup sur leur faim, l’événement a eu le mérite de mettre en avant le concept One Health.
Partout dans le monde, les écosystèmes se dégradent et les contacts entre l’homme, le bétail et la faune sauvage se multiplient. Le concept One Health (une seule santé) prend en compte les interactions étroites entre la santé des humains, des animaux, des végétaux et des écosystèmes afin de mieux appréhender et anticiper les nouvelles crises sanitaires. Cette vision globale doit aider à mettre en place des systèmes de santé plus résilients et plus équilibrés.
S’il n’est pas nouveau, le concept, au départ très axé sur les maladies infectieuses1, a été repris par l’OMS, l’OMSA et la FAO dans les années 2000 puis remis en avant en 2020-2021 lors de la pandémie de Covid19, période où le PNUE s’y est associé (cf. partenariat quadripartite). Il est depuis abordé à travers le prisme de l’exposome, notion encore jeune qui englobe tous les facteurs de risques non génétiques pour la santé en étudiant l’ensemble des expositions que subit un être humain tout au long de sa vie.
L’approche One Health se caractérise par son côté intersectoriel, multidisciplinaire et multi-acteurs comme l’illustre notamment l’initiative internationale Prezode (Preventing Zoonotic Disease Emergence) destinée à mieux comprendre, prévenir, surveiller et détecter les risques de pandémies zoonotiques.

Un One Planet Summit dédié
Le One Health Summit début avril avait pour ambition de repenser le cadre institutionnel mondial en santé de manière à « faire de l’approche One Health une boussole pour élaborer les politiques publiques. » L’événement décliné en quatre thèmes (réservoirs et vecteurs zoonotiques, résistance aux antimicrobiens, systèmes alimentaires durables, exposition aux pollutions) a inscrit (enfin!) la prévention au cœur de l’agenda international. Il a débouché sur divers engagements et actions : partenariats de recherche Nord-Sud, coalitions thématiques internationales, promesses de financements, création d’un observatoire mondial des microbiomes et d’un réseau sur la résistance aux antimicrobiens, etc.
Mais de nombreux autres thèmes restent à étudier, en particulier sur le plan environnemental (ex. : multi-exposition, mélanges de polluants, exposome…). En parallèle, la question des data prend une importance considérable car il va bien falloir être capable de croiser les données recueillies tant en santé humaine qu’en santé animale et environnementale. Enfin, il reste encore beaucoup à faire en matière d’interdisciplinarité et du côté des sciences humaines.
Au final, le One Health Summit devait servir à traduire l’engagement politique en actions concrètes et multisectorielles. L’avenir nous dira ce qu’il en est exactement.
Hélène Bouillon-Duparc
- Selon l’OMS, 75 % des maladies infectieuses humaines ayant émergé au cours de la dernière décennie sont d’origine animale. ↩︎
En savoir plus : Les engagements de Lyon pour la santé du vivant et de la planète (pdf)
Voir aussi sur le sommet One Health : l’article de Dominique Martin-Ferrari et, pour nos adhérents à jour de cotisation, le compte-rendu video de l’atelier One Health organisé sur le sujet par l’AJE .