Même si elle repose sur des bases solides, l’économie n’est pas une science dure, à l’instar de la physique ou de l’écologie. C’est une science sociale qui s’intéresse à la production, à la répartition et la consommation des richesses et à l’activité que les hommes vivant en société déploient à cet effet.
Au fil des siècles, cette science humaine a été parcourue par de nombreux courants de pensée : scolastique, mercantiliste, libéralisme, marxisme, keynésianisme, classique, monétariste, néo-classique, néolibérale.
Toutes ces écoles ont pour point commun de ne pas (suffisamment) prendre en compte les limites planétaires dans leur vision du monde. Ce qui minore les contraintes environnementales (les effets du réchauffement sur le développement économique, par exemple) et passe à l’as les conséquences des destructions des espaces naturels pour la société ou l’économie.
Pour montrer qu’une autre vision économique est possible, l’Association des journalistes de l’environnement (Aje) et The Other Economy (TOE, créée par l’économiste de l’environnement Alain Grandjean) ouvrent l’école d’économie écologique (EEE).
Animée par des membres de l’Aje et de TOE, elle donnera les clés de compréhension de grands sujets de l’économie écologique : limites des ressources naturelles, l’effet du prix sur la réduction de la pollution, la Banque centrale européenne est-elle un frein à la décarbonation.
La leçon inaugurale a été donnée, le 29 janvier 2026, par Alain Grandjean et Laurent Berger, directeur de l’Institut mutualiste pour l’environnement et la solidarité du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, ancien secrétaire général de la CFDT. Revisionnez la ci-dessous!
Le séminaire semestriel comportera une demi douzaine de cours donnés, en ligne, par des universitaires et des économistes spécialisés.
Dédiée aux journalistes et aux étudiants en journalisme, l’école d’économie écologique (EEE) a vocation à délivrer une formation diplômante. Dans ce cadre, l’EEE propose, durant l’année 2026, un cycle de formation sur les théories et les pratiques susceptibles de mettre l’écologie au cœur de l’économie.
Programme
Session du 12 mars : À quoi ressemble une transition juste?
La crise de Gilets Jaunes l’a montré, une transition écologique qui ne prendrait pas en compte les inégalités est vouée à l’échec. Comment ces sujets s’articulent-ils et comment les articuler ? S’inscrire
Avec :
Antonin Pottier, économiste spécialiste des liens entre économie et climat, éclairera ces questions en présentant une typologie des inégalités écologiques et en proposant une méthode pour intégrer ces inégalités à la conduite de la transition.
Amandine Lebreton, directrice du Pacte du Pouvoir de Vivre, collectif d’associations, de syndicats et de mutuelles, abordera, à partir d’exemples concrets, les « noeuds » de la transition écologique juste pour identifier les conditions politiques et sociales qui permettraient de les délier.
Session du 16 avril : Politiques monétaires et transition écologique
La création monétaire est un angle mort du débat sur les moyens à mobiliser pour augmenter en urgence les investissements nécessaires afin de tenir nos objectifs écologiques. S’inscrire
Avec :
Marion Cohen, directrice de The Other Economy, fera le point sur les mécanismes de la création monétaire – souvent mal connus.
Éric Monnet, directeur d’études à l’EHESS et à Paris School of Economics, spécialiste de la monnaie, montrera, exemples à l’appui, comment la politique monétaire peut être mise -ou non- au service de la transition.
Autres sessions à venir :
- En juin : nucléaire, renouvelables, réseau : financer le système électrique
- En septembre : idées reçues sur la dette et le déficit pour mieux décrypter le PLF
- En octobre : ce que cachent les modèles économiques d’évaluation des coûts du climat
- En novembre : de la comptabilité d’entreprise au PIB, compter ce qui compte vraiment